Une histoire de collages...

J’utilise la technique du collage et de la sculpture papier.
Mon collage n’est pas simplement une superposition de papiers mais réellement une architecture en volume construite selon un projet bien défini.
Avant de commencer toutes les découpes de papier sont préparées par forme, classées par taille.
Découpé, déchiré, enroulé, compressé ou malaxé, le papier prend sa forme entre mes doigts et la colle. Le rituel pourrait ressembler à une séance de massage.
Le papier roule et glisse sous la colle.
C’est un geste à la fois relaxant pour moi et assouplissant pour la matière.
Le papier utilisé est un papier souple et facilement déchirable.
Blanc et lisse. Un papier suffisamment épais pour ne pas absorber la colle tout de suite et laisser un peu de temps,
mais pas trop, pour la création des motifs et le placement.
Chaque pièce est créée une à une, encollée et placée directement sur le tableau
selon un rythme, une ondulation et un schéma prédéfini.
Le geste doit être à la fois rapide car un papier encollé devient mou, et à la fois précis car il ne peut y avoir de deuxième essai.
C’est ensuite une longue valse où je tourne durant des jours
autour de mon tableau.
Comme dans une architecture, il faut des «murs porteurs» et des «étais».
Des éléments visibles deviendront la fondation
et des structures amovibles serviront à garder la forme.
Il faut donc prévoir de nombreuses phases de calage
et de séchage, toujours à l’horizontal.
Après ces temps de pause, il me faut prendre de la hauteur pour évaluer les formes, les contrastes, les nuances. Dans le cas du Jardin d’Eden, non seulement je dois monter régulièrement sur un escabeau mais je dois aussi le prendre en photo avec une perche pour le voir dans sa totalité et non déformé.
Il y a toujours un moment où la magie opère, où le tableau prend vie.
Il s’approprie ma création et devient une oeuvre à part entière.
Il s’épanouit dans le volume.
Une fois entièrement sec, ce qui peut prendre plus ou moins de temps selon la température, il faut passer aux finitions.
Redécouper les papiers disgracieux, réencoller certaines pièces.
Les finitions terminées, il est peint à la bombe d’une fine couche de blanc
pour donner cet aspect velouté et poudré.

